Vous cherchez comment réaliser un coffrage en planche solide, stable et aux bonnes dimensions pour une dalle, un seuil ou un escalier en béton ? Le principe est simple, mais la qualité du résultat dépend du choix des planches, de l’assemblage et du respect de quelques règles indispensables. Un coffrage mal dimensionné ou insuffisamment renforcé provoque des déformations, des fuites de laitance et un parement béton irrégulier. À l’inverse, un coffrage bien pensé vous garantit une surface propre, des arêtes nettes et un démontage sans mauvaise surprise. Voici un guide structuré pour vous permettre de concevoir, dimensionner et poser votre coffrage bois en toute sécurité.
Comprendre le coffrage en planche et poser les bonnes bases

Avant de couper la première planche, il est essentiel de clarifier ce que doit supporter votre coffrage et comment le béton va se comporter. En partant de quelques règles simples concernant l’épaisseur, le type de bois et les renforts, vous limiterez les risques de déformation, de fuite ou de casse. Cette première partie vous donne les repères fondamentaux pour choisir un coffrage adapté à votre ouvrage.
À quoi sert un coffrage en planches et dans quels cas le privilégier
Le coffrage en planche sert à contenir le béton frais et à lui donner la forme souhaitée jusqu’à sa prise complète. Vous le privilégiez souvent pour les petites fondations, dalles de terrasse, longrines, seuils de portail ou escaliers extérieurs, où la souplesse d’ajustement du bois constitue un vrai atout par rapport aux coffrages métalliques modulaires. Il convient également aux chantiers ponctuels ou aux ouvrages sur mesure, car les planches peuvent être recoupées, ajustées et réutilisées facilement selon les besoins spécifiques de chaque projet.
La planche offre aussi un bon rapport qualité-prix pour des volumes limités de béton : vous investissez peu en matériel et récupérez du bois valorisable après démontage. Pour une dalle de 15 m² ou un escalier de trois marches, elle reste la solution la plus accessible et la plus rapide à mettre en œuvre.
Quels types de planches pour coffrage choisir selon votre projet béton
Pour un coffrage ponctuel, des planches de sapin ou de pin non traitées, de type bois de charpente ou coffrage brut en section 27 x 150 mm ou 32 x 200 mm, conviennent généralement. Ces essences sont économiques, disponibles partout et suffisamment résistantes pour supporter la pression du béton frais sur de petites hauteurs. Veillez à choisir un bois suffisamment sec (taux d’humidité inférieur à 20 %), droit et sans défauts majeurs comme des nœuds cassants ou des fentes profondes qui fragiliseraient la structure.
Pour un rendu de parement plus propre ou des réutilisations fréquentes, les panneaux de contreplaqué de coffrage (type CTB-X ou bakélisé) offrent une meilleure stabilité dimensionnelle et une surface plus régulière, limitant les traces de joints. Ces panneaux se découpent aisément et résistent mieux à l’humidité du béton, ce qui prolonge leur durée de vie sur plusieurs chantiers successifs.
Épaisseur et largeur des planches de coffrage en fonction des efforts
L’épaisseur des planches dépend directement de la hauteur de béton à contenir et de l’espacement entre renforts. Pour de petites dalles ou semelles filantes de 20 à 30 cm de hauteur, des planches de 27 à 32 mm d’épaisseur suffisent, à condition d’être bien étayées tous les 60 à 80 cm par des piquets solides. Plus la hauteur de voile béton augmente, plus la pression latérale devient importante : au-delà de 40 cm, il faudra augmenter l’épaisseur du bois, rapprocher les renforts ou passer à des panneaux plus rigides.
| Hauteur de béton | Épaisseur de planche recommandée | Entraxe des piquets |
|---|---|---|
| 15 à 25 cm | 27 mm | 70 à 80 cm |
| 25 à 40 cm | 32 mm | 60 à 70 cm |
| 40 à 60 cm | 40 mm ou contreplaqué 18 mm | 50 à 60 cm |
La largeur des planches influence aussi la facilité de pose et la qualité du parement : des planches larges (200 mm) nécessitent moins de joints mais peuvent être plus difficiles à maintenir parfaitement droites, tandis que des planches plus étroites (100 à 150 mm) offrent plus de souplesse dans les ajustements.
Dimensionner et préparer un coffrage planche fiable et bien ajusté
Un coffrage réussi se joue d’abord sur le papier : hauteurs, épaisseurs, entraxes de piquets et de contrefiches doivent être réfléchis avant toute découpe. En posant un cadre précis, vous évitez les gonflements, les fuites de laitance ou les variations d’épaisseur de dalle qui compliqueraient les finitions. Cette partie vous aide à traduire votre projet en dimensions concrètes, prêtes à être mises en œuvre sur le chantier.
Comment calculer les dimensions utiles de votre coffrage planche béton
Commencez par définir les cotes finies de l’ouvrage béton : longueur, largeur, épaisseur de dalle ou hauteur de marche. Notez également les réservations éventuelles comme le passage de gaines électriques, de canalisations ou les décrochements pour marches d’escalier. Déduisez ensuite l’épaisseur des planches pour déterminer leur hauteur visible et la position exacte de chaque élément par rapport au terrain naturel ou au niveau fini.
Par exemple, pour une dalle de 15 cm d’épaisseur finie, si vous utilisez des planches de 27 mm, la hauteur intérieure du coffrage sera de 15 cm exactement. Mais si vous posez un hérisson de 10 cm sous la dalle, vos planches devront affleurer à 25 cm au-dessus du fond de forme. Un simple croquis coté à main levée, complété par un tableau récapitulatif des hauteurs à reporter sur chaque piquet, vous évite beaucoup d’erreurs au moment de la pose.
Espacements des piquets et renforts pour éviter le flambage des planches
Les piquets ou tasseaux plantés à l’extérieur du coffrage maintiennent les planches et empêchent leur déformation sous la poussée du béton frais, qui peut atteindre plusieurs centaines de kilogrammes par mètre carré. Pour de petites hauteurs (20 à 30 cm), un espacement de 50 à 80 cm entre piquets est courant, à ajuster selon la rigidité et l’épaisseur du bois utilisé. Privilégiez des piquets en section carrée (50 x 50 mm ou 60 x 60 mm) bien enfoncés dans le sol sur au moins 20 cm pour garantir une assise stable.
Au-delà de 30 cm de hauteur de béton, il devient prudent d’ajouter des contrefiches inclinées à 45° qui viennent buter contre les piquets et se bloquent sur une pièce de bois fixée au sol. Des entretoises horizontales placées en partie haute, entre les deux faces du coffrage, bloquent aussi tout écartement pendant le coulage. Ces renforts croisés forment une structure triangulée qui répartit mieux les efforts et limite le risque de déformation.
Gérer la planéité, les niveaux et les pentes avant la mise en béton
Le trait de niveau partout identique est l’une des garanties d’un béton régulier et facile à utiliser ensuite, que ce soit pour poser un carrelage ou fixer un seuil de porte. Utilisez un niveau à bulle long, un niveau laser rotatif ou une longue règle aluminium pour reporter vos hauteurs de référence sur les piquets puis sur le bord supérieur des planches avant de les fixer définitivement. Marquez au crayon gras chaque repère pour ne pas le perdre en cours de montage.
Si une pente est nécessaire, par exemple pour évacuer l’eau de pluie sur une terrasse ou un accès garage, définissez précisément le point haut et le point bas. Une pente de 1 à 2 % (soit 1 à 2 cm par mètre) suffit généralement. Matérialisez cette pente en reportant les hauteurs différentes sur plusieurs piquets intermédiaires, puis contrôlez plusieurs fois au niveau ou à la règle avant de couler. Une erreur de pente se rattrape difficilement après la prise du béton.
Monter et fixer son coffrage en planche étape par étape sur chantier

Une fois les dimensions validées et le bois choisi, vient le temps de l’assemblage sur place. Le montage d’un coffrage planche repose sur une succession de gestes simples mais à effectuer dans le bon ordre pour gagner du temps et garantir la précision finale. Cette partie détaille les grandes étapes, des premiers piquets jusqu’au contrôle final avant le coulage du béton.
Comment implanter et aligner les planches de coffrage au sol précisément
L’implantation commence par le tracé au cordeau : matérialisez les bords extérieurs de votre future dalle ou fondation directement sur le sol à l’aide de piquets et d’un cordeau tendu. Vérifiez l’équerrage en mesurant les diagonales : pour un rectangle, elles doivent être rigoureusement égales. Plantez ensuite les piquets de maintien à l’extérieur de ce tracé, en retrait d’environ 10 cm pour laisser la place de manœuvre.
Clouez ou vissez les planches sur ces piquets en suivant la ligne du cordeau et en contrôlant l’alignement à chaque fixation. Prenez le temps d’ajuster les jonctions entre planches : décalez-les légèrement si nécessaire pour éviter les décrochements visibles qui marqueront le béton coulé. Si vous utilisez plusieurs planches en longueur, bloquez toujours le joint sur un piquet pour assurer la continuité de la rigidité.
Fixations, entretoises et cales pour un coffrage bois parfaitement stable
Les vis de charpente (8 x 100 mm) ou tire-fonds assurent une fixation solide et démontable entre piquets et planches, bien plus fiable que le simple clouage qui peut se desserrer sous les vibrations. Positionnez au moins deux vis par planche et par piquet, en partie haute et médiane, pour limiter tout mouvement de rotation. N’hésitez pas à pré-percer le bois si vous travaillez sur des essences dures ou si les vis peinent à entrer.
Des entretoises en bois (chutes de tasseaux) placées entre les deux faces opposées du coffrage maintiennent la largeur exacte et évitent l’écartement lors du coulage. Vous pouvez les noyer dans le béton si elles sont sacrifiables, ou les retirer progressivement pendant le coulage si vous souhaitez les récupérer. Des cales en bois ou en plastique placées sous les planches permettent de rattraper les irrégularités du sol tout en gardant un niveau constant : ajustez-les au fur et à mesure en contrôlant la hauteur avec le niveau.
Comment limiter les fuites de laitance et obtenir un parement de béton propre
Les jours entre planches laissent échapper la laitance (mélange d’eau et de ciment fin), ce qui fragilise les arêtes du béton, salit le chantier et donne un aspect irrégulier au parement. Pour limiter ces fuites, vous pouvez agrafer un film plastique épais à l’intérieur du coffrage avant le coulage, ou bourrer les petites ouvertures avec du mortier gras, de la mousse de polyéthylène ou des bandes de carton bitumé. Cette étape prend peu de temps mais améliore considérablement le résultat final.
Plus vos planches sont serrées, droites et bien vissées, plus le parement sera propre et facile à décoffrer. Passez une dernière fois le long du coffrage pour vérifier qu’aucun clou ne dépasse à l’intérieur, qu’aucune planche ne bouge et que les angles sont bien d’équerre. Un coffrage soigné se voit immédiatement après démontage : arêtes franches, surface régulière et absence de défauts.
Sécuriser le coulage, décoffrer proprement et prolonger la vie de vos planches
Le moment du coulage met votre coffrage à l’épreuve : un défaut de fixation peut alors coûter cher en temps, en matériaux et parfois en sécurité. Une fois le béton pris, il s’agit de retirer les planches sans abîmer ni l’ouvrage ni le bois réutilisable. Cette dernière partie aborde la sécurité pendant le coulage, le bon timing de décoffrage et quelques astuces pour faire durer votre coffrage planche sur plusieurs chantiers.
Quelles précautions prendre pendant le coulage pour éviter l’ouverture du coffrage
Contrôlez une dernière fois tous les renforts et resserrez les vis avant l’arrivée du béton, surtout si le montage s’est fait la veille et que le bois a pu travailler. Pendant le coulage, répartissez le béton progressivement le long du coffrage sans créer de zones de surcharge locale qui concentreraient la pression sur un point faible. Versez par passes successives d’environ 20 à 30 cm de hauteur, en vibrant ou tassant à la règle sans brutalité excessive.
Restez attentif aux éventuels mouvements des planches pendant toute la durée du coulage : un léger bombement, un craquement ou une fuite soudaine signalent un problème à traiter immédiatement. Ayez à portée de main quelques tasseaux et vis supplémentaires pour renforcer en urgence un point qui céderait. Une intervention rapide évite souvent une déformation irréversible ou une perte de béton.
Quand et comment décoffrer vos planches sans endommager le béton
Le délai de décoffrage dépend de la température ambiante, du type de ciment (prise rapide ou standard) et de la nature de l’ouvrage. Pour une dalle ou un seuil, comptez généralement 24 à 48 heures avant de retirer les planches latérales, le béton ayant alors atteint environ 50 % de sa résistance finale. Par temps froid (moins de 10 °C), attendez plutôt 3 à 4 jours. Pour les éléments porteurs comme des poutres ou des escaliers, respectez au minimum 7 jours avant de solliciter la structure.
Pour retirer les planches, démontez d’abord les contrefiches et entretoises, puis dévissez les piquets en procédant par étapes successives. Décollez doucement le bois en faisant levier avec un pied-de-biche ou une petite barre à mine, en intercalant un morceau de planche pour ne pas marquer le béton. Évitez les coups secs d’outil métallique qui écaillent les arêtes ou creusent la surface encore jeune : le béton continue de durcir pendant plusieurs semaines et reste sensible aux chocs les premiers jours.
Réutiliser ou recycler ses planches de coffrage pour d’autres travaux maison
Un coffrage bien monté se voit souvent à l’état des planches après démontage : peu abîmées, propres et encore droites, elles peuvent servir à d’autres chantiers de coffrage ou à des usages secondaires (banches provisoires, étais, protections de sol). Brossez-les énergiquement pour enlever le béton résiduel tant qu’il est encore tendre, puis stockez-les à plat dans un endroit sec et aéré pour limiter les déformations dans le temps. Empilez-les avec des cales intermédiaires pour favoriser la circulation de l’air.
Les planches trop endommagées, fendues ou déformées peuvent être recoupées pour de plus petites utilisations : cales de nivellement, supports de matériaux, bois de calage sous des poutres ou palettes de manutention. Si elles ne sont vraiment plus exploitables, valorisez-les en bois de chauffage ou apportez-les en déchetterie dans la filière bois non traité. En prenant soin de vos planches de coffrage dès le premier chantier, vous rentabilisez l’investissement initial et réduisez vos déchets pour les projets suivants.
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